Les Délices du Grand Muid

Major de sa promotion, à l’Institut des métiers, à Orléans, Mathias Bonamy a créé Les Délices du Grand Muid : des saucissons agrémentés de produits locaux.

Il était encore conseiller financier quand en 2016, le trentenaire décide de se reconvertir en travaillant dans une boucherie à La Ferté-Saint-Aubin, et consacre deux jours par semaine à sa nouvelle passion : le saucisson !

Une passion que lui a transmise sa grand-mère, fin cordon bleu, à Cléry-Saint-André. « Je l’aidais à faire sa charcuterie », se souvient le jeune homme, âgé de 30 ans. Au décès de cette aïeule bien-aimée, son petit-fils remet en cause le métier qu’il a choisi : la finance. Ses parents, agriculteurs, avaient préféré le voir dans un bureau plutôt que dans les champs, et l’avaient incité à suivre un BTS banque.

Apprentissage chez Lenormand Il décide donc qu’en cinq années, il a fait le tour de la question bancaire, qui ne lui donne pas plus envie que cela de se lever le matin. « J’avais toujours voulu faire un métier de bouche. Je ne voulais rien regretter… Et, aujourd’hui, j’adore ! Je suis très épanoui. C’est un métier généreux, avec des moments très conviviaux. »

Mathias Bonamy s’inscrit donc en CAP charcuterie-traiteur, avec 15 autres adultes, à l’Institut des métiers de l’artisanat, à Orléans, tout en menant son apprentissage, pendant neuf mois, chez Lenormand, à Fleury-les-Aubrais.

L’apprenti fait partie des plus jeunes parmi les adultes et est dispensé des cours plus théoriques. Il sortira major, avec 14,5 de moyenne.

Et surtout pour le porc ! Celui qu’il travaille, en tant qu’auto-entrepreneur, dans le cadre de l’entreprise qu’il a créée : les Délices du Grand Muid, à l’effigie de sa grand-mère. Il a d’ailleurs installé son atelier (avec un poussoir et un mélangeur) et son séchoir dans l’ancienne maison et la cave de celle-ci, après un investissement de 7.000 euros.

« Je fais des saucissons artisanaux, de qualité, avec des morceaux de choix, issus de porcs Label rouge originaires du Perche, et des produits locaux. » Il a, en effet, créé plusieurs spécialités : le saucisson aux noix de Cléry-Saint-André, au sanglier de Sologne, et même à la poire Williams !

« Je suis le seul de la région à produire des saucissons, hormis certains traiteurs. » Il a envie, à terme, de rayonner sur la région, puis, pourquoi pas, sur la France, en se déployant et en recrutant. « Je voudrais en faire une marque connue et reconnue. »

 « Je n’utilise ni colorant, ni conservateur. Je produis une centaine de kilos mensuellement, que je vends à une dizaine de bouchers-charcutiers. Je commence à mener des partenariats avec des restaurateurs et des traiteurs. »

Carole Tribout – La République du Centre

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